Enfin… pas dans le cadre d’une réponse binaire à une question posée.
Oui ou non ? Tu veux ? Tu veux pas ?
Mais dans la vraie vie, c’est rarement aussi simple. Moi, en tout cas, j’ai souvent des parts de moi qui disent oui… pendant que d’autres crient non. Et pour dire oui ou non, encore faut-il qu’il y ait une demande claire !
Dans la danse, par exemple, si un·e partenaire est trop proche, trop collant·e, il n’y a pas forcément eu de demande. Pourtant je dois poser mes limites, là, maintenant.
C’est pour ça que je préfère parler de souveraineté.
La souveraineté, c’est cette capacité à ressentir mes limites, à les connaître, à les exprimer. C’est une boussole interne. Et comme un muscle, ça s’entraîne. Moi, je m’entraîne beaucoup… en bal folk.
Chaque danse, chaque partenaire, est une nouvelle opportunité d’explorer :
Est-ce que j’aime comment je suis guidée ? Est-ce que ça correspond à mon rythme? Mes envies du moment ?
Et si la réponse est non, qu’est-ce que je fais?
– J’attends que la musique se termine ? (un peu facile…)
– Je reprends de l’espace ? (langage non verbal)
– Je demande un ajustement ? (langage verbal)
Ma méthode préférée : je glisse à l’oreille de l’autre « Maintenant c’est moi qui guide ».
Et reprendre la main.
Sur la danse. Sur le rythme. Sur l’intention.
Sur ma vie, quoi.
Voici l’espace que j’ouvre dans mes soirées tantrafolk.
Règle n°1 : se respecter.
Règle n°2 : sentir et déconstruire ses conditionnements
Dans la danse, si je dis non à l’invitation d’une personne que je ne connais pas, c’est peut-être parce que je la trouve moche, vieille, qu’elle me rappelle quelqu’un·e qui m’a blessé dans le passé, que j’imagine qu’elle va mal danser… c’est un non qui ferme la rencontre. Alors moi, la plupart du temps (si je me sens suffisamment en sécurité), je dis oui, par curiosité. Et j’aime tellement me faire surprendre ! Rencontrer l’autre dans le corps, plutôt que dans mes conditionnements, mes préjugés.
Et dans cet espace de rencontre, je m’écoute et je réajuste. Mon corps sait quand un geste ne me convient pas. Alors même si j’aime explorer, je me donne aussi le droit de me fermer, sans explication.
Explorer la souveraineté par le toucher, ça change tout.
J’apprécie particulièrement cet exercice qui consiste à toucher l’autre quelque part et de lui permettre de sentir si c’est oui ou non.
Je te touche… et tu écoutes.
Offrir la possibilité de sentir le oui ou le non, dans le corps et pas dans la tête.
Une femme m’a dit un jour : “j’ai senti la main à un endroit qui m’activait, et j’ai eu envie de l’enlever. Mais j’ai pris le temps de la sentir et de voir les images qui me venaient. Et puis doucement l’activation s’est estompée et j’ai pu accueillir cette main comme une nouvelle expérience.”
La souveraineté, ce n’est pas fuir l’inconfort. C’est parfois aller l’explorer, ressentir, comprendre… Pour mieux se connaître ensuite poser des limites claires, ajustées, vivantes.
Et parfois la réponse est immédiate, instinctive. C’est un NON définitif qui écarte la main, qui ferme. Ce n’est pas le moment d’explorer. C’est le moment de se respecter. C’est aussi ça, la souveraineté : une réaction de survie instinctive.
Au-delà de la danse, la souveraineté sert dans tous les domaines de la vie.
J’ai créé la formation “Cultiver la souveraineté en collectif” pour partager des outils qui permettent de grandir individuellement et collectivement en souveraineté.
Parce que la souveraineté, ce n’est pas égoïste.
C’est une base solide pour le collectif.
Quand je dis oui, c’est un vrai oui. Pas un oui pour faire plaisir.
Un oui qui engage. Un oui qui construit.
Et toi, c’est quoi ta relation avec ta souveraineté ?
PS : pour plus d’info sur mes soirées tantrafolk ou mes formations à la souveraineté